Abécédaire politico-médiatique
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Il y a quelques années, chaque lundi ou presque, Quentin Périnel, journaliste et chroniqueur au Figaro, publiait dans ce même journal une rubrique intitulée Le Bureaulogue, dans laquelle il « décryptait un mot ou une expression grotesque que nous prononçons au bureau et qu'il fallait éradiquer de notre vocabulaire. » |
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| ADN - Avouer - Bottes (droit dans ses...) - Boucliers (lever de...) - Boussole - Changer de Braquet - Changer de Logiciel - Changer de Paradigme - Changer de Pied - Chevet - Centre (Remettre l'église au...) - Claque (prendre une...) - Choc (être sous le...) - Combattant (parcours du...) - Corde (tenir la) - Couac - Cuisant - Décrypter - Désert (traversée du...) - Déferlante - Dévoiler - Enfers (descente aux...) - Flambée - Fouet (de plein...) - Galérer - Grain (à moudre) - Lait (sur le feu) - Ligne rouge - Menace (faire planer la...) - Millefeuille - Mur (droit dans le...) - Ou pas - Plafond (de verre) - Poudre (traînée de...) - Promesse - Raquette (trou dans la) - Récréation (fin de la...) - Recadrer - Reconnaître - Revers (de la main) - Route (bord de la...) - Sauce (fond de...) - Shaker - Spectre - Sujet (pas de...) - Spectre - Sulfureux - Tacler - Tasse - Totem - Tsunami - Valse (hésitation) - Vis (tour de...) - Ventre (boule au...) - Volée (de bois vert) | |||||||
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Ça fait déjà un moment que les hommes et les femmes, les associations, les institutions, les entreprises, les sportifs et leurs équipes, les artistes, les hommes politiques et leurs partis, bref, à peu près tout le monde, à titre individuel ou bien en groupes, en ligues, en processions, ne jurent plus que par leurs ADN respectifs, comme on jure sur la tête de son père ou de sa mère, ce qui est bien le cas, vu que l’ADN, l’Acide Désoxyribo Nucléique du noyau des cellules vivantes, constituant essentiel des chromosomes et, portant les caractères génétiques, est carrément le support de l'hérédité. Rien que ça. Voir Reconnaître.
Alain Juppé n'a bien entendu pas inventé la formule quand, alors premier ministre, il a déclaré en 1995 qu'il restait droit dans ses bottes (on l’accusait de ne payer qu’un loyer de complaisance pour son appartement de 180 m2). Elle est cependant restée presque légendairement attachée non seulement à sa personne mais presque à la fonction, comme si depuis, on attendait de tout Premier Ministre nouvellement nommé qu’il chausse des bottes (peut-être pas de sept lieues, mais presque) à seule fin de pouvoir déclarer qu’il se tient droit dedans. L’expression vient semble-t-il des soldats romains du temps de Jules César, Néron, Caligula et Dieu sait qui encore, qui avaient l’habitude de lever leurs boucliers en l’air pour montrer qu’ils n’étaient pas d’accord avec ce qu’on leur demandait de faire, un peu comme si c’était un tollé, un tollé général même (même si un tollé, c’est forcément général, puisqu’on ne peut que difficilement faire un tollé à soi tout seul) – comme quand les Juifs demandèrent à Ponce Pilate de crucifier Jésus en criant: «Tolle! Tolle! Crucifige eum» (ce qui fut une des premières manifestations de ce qu'on appelle aujourd'hui la «cancel culture», vu que c'est ça que ça signifie, tolle : supprimer). Si ça se trouve, c’était seulement parce qu’ils n’avaient pas boucliers, vu que c'était les romains qui avaient des boucliers. Mais bon, au jour d'aujourd'hui non plus, en général, les gens ne se baladent pas souvent avec des boucliers. Les boucliers, ils sont plutôt réservés aux forces de l'ordre, et elles ne s'en servent pas pour dire qu'elles ne sont pas d'accord mais pour se protéger des trucs et des machins qu'on leur balance dessus. Bref, du coup, on se contente de faire semblant. On lève le poing – on le brandit, pour causer comme il faut –, en faisant comme si on tenait un bouclier à bout de bras. C'est aussi bien comme ça. En effet, si, à l'occasion d'une de leurs levées de boucliers, tous les députés en avaient pour de bon chacun un à la main, ça ferait un sacré tohu-bohu, comme quand les soldats romains faisaient la tortue pour donner l'assaut. Ils étaient fous, ces romains. C'est Emmanuel Macron qui a tiré le premier, le 14 ou le 15 février 2023, à propos des oppositions qui, dans le cadre des débats parlementaires sur la réforme des retraites, avaient selon lui, perdu les leurs. * Le 16 du même mois.
Voir Boucliers (levée de ...). Voir Claque. Tout semble venir d’une expression d’origine apparemment Suisse et sans doute ancienne puisqu’elle figure en bonne place sur un site consacré aux «expressions délicieusement surannées» (https://www.mots-surannes.fr) : Garder (ou remettre) l’église au centre du village. * Comme une sorte de retour aux sources, on a récemment entendu parler de «remettre l'école au milieu du village...» ** Quelqu’un a même récemment déclaré sur France Inter : «Remettons les pendules à l’heure, et pas la charrue avant les bœufs.» |
Quand on demande à Gougueule d’aller chercher les sites qui causent « changement, » il en ramène 149 000 000. Et quand on lui précise «changement de pied,» en même pas une seconde, il n'en trouve que 101000, alors qu'il en trouve 85 900 000 pour le «changement de pied,» c’est-à-dire plus de la moitié ! b = 50 / 10, soit un braquet de 5. d = 5 x 2, soit une distance de 10 mètres par tour de roue. Ce qui, en inversant le pignon et le plateau, donnerait: d = (10 / 50) x 2, soit 40 centimètres. Ou encore mieux, avec un plateau encore plus petit et un pignon encore plus gros : d = (4 / 1000) × 2, soit 8 centimètres. On pourrait continuer comme ça jusqu'à la gauche, mais que les hommes politiques se rassurent, je doute qu'on puisse arriver à faire machine arrière rien qu'en changeant de braquet. Je dispose d’un excellent dictionnaire Robert en six volumes daté de 1959. Le mot «logiciel» n’y figure pas. * Voir l’item Renverser la table. Autant l’avouer tout de suite, je n’ai jamais vraiment pu me mettre dans la tête ce qu’était un paradigme.
Le changement de pied, ça se pratique à cheval. Si j'ai bien compris, c'est quand le canasson va au galop et qu'on lui demande en quelque sorte d'aller «au galop du galop,» une sorte de méta-galop, ou un galop à la puissance 2. Même si ce n’est pas tout à fait ça, ce qu'il faut savoir, quand on parle d'un responsable politique qui «change de pied,» c'est qu'un cheval a un galop du pied droit et un galop du pied gauche. Nul besoin d’en dire davantage. Au galop à droite, doublez dans la largeur, poussez légèrement les épaules vers la droite avec l'ébauche d'une cession à la jambe gauche, attendez que le cheval cède à gauche, changez de pied et marchez bien droit en maintenant le contact à droite avant de tourner à gauche. Mais le plus important, je l’ai trouvé sur le site de Pamfou Dressage : L’apprentissage de ce mouvement est propre à chaque cheval et il y a autant de méthodes que de cavaliers. En cas de catastrophe naturelle, d’inondation, de gel destructeur de récoltes, de pluies dévastatrices, de canicule, de sécheresse, le ministre concerné ne va jamais simplement «voir» les personnes concernées. Il se rend «à leur chevet.» Les expressions ne manquent pas pour livrer à la vindicte publique le malheureux responsable politique qui a subi un affront, une humiliation, un revers, qui s’est fait recadrer, rappeler à l’ordre, tacler, à qui un adversaire (ou même un collègue) a opposé un démenti formel et sans appel, qui s’est fait remettre plus ou moins gentiment à sa place ou remonter les bretelles (de préférence en public), qui vient de prendre une veste aux élections, qui s’est fait bouler, mais le fin du fin, c'est de dire qu'il a pris une « claque». Évidemment, le mot «camouflet» n'a pas disparu du dictionnaire ni même, loin s’en faut, du vocabulaire des commentateurs. Mais, tout comme le mot « soufflet», il a pris un coup de vieux. Disons-le franchement, les deux termes sont aussi ringards l’un que l’autre. Ils ont beau rimer aussi richement que possible, ils ne sont plus guère employés que sur un mode plutôt littéraire. Mais le chroniqueur qui transmet l'information dans le poste n'a que faire de la littérature. Il veut faire jubiler ses auditeurs et jubiler lui-même. Ce qu’il lui faut, c'est du concret, du solide, du terre à terre. C'est pourquoi il préfère la claque, qui, elle, sonne bien mieux, presque comme une allitération. Pas la gifle, ni la baffe, la mornifle ou la torgnole, la calotte ou la taloche, mais bien la simple claque qui, justement, claque dans son micro comme s'il venait lui-même de la «retourner» à son malheureux récipiendaire. Et puis, un camouflet ou un soufflet, dans le temps, c'était vexant, mais ça évoquait plutôt quelque chose qui touchait à l'honneur et qui pouvait toujours se régler «entre hommes», au besoin le fleuret ou le pistolet à la main (oui, je sais, on a vu aussi des dames se battre en duel). Le soufflet et le camouflet faisaient en quelque sorte partie du protocole, voire d’un certain décorum. C’étaient des défis qu'il suffisait d'avoir le courage de relever pour être, qu'elle que fût l’issue de la rencontre, lavé de tout déshonneur. La claque, elle, même au sens figuré (si l'on peut dire) ne pardonne pas et n’autorise aucune rédemption. Elle vous met plus bas que terre, vous fait rentrer dans vos petits souliers sans espoir d'en ressortir. Elle vous ravale au rang du sale gosse, pire, du morveux – hou les cornes! Y a-t-il une différence entre être sous le choc et être dans cet état de choc qui, faisant suite à un traumatisme physique, émotionnel ou psychique, se manifeste par des symptômes tels que la faiblesse, des difficultés respiratoires, une baisse du niveau de conscience... etc. Le parcours du combattant est une succession d’obstacles qu’un soldat à l’entraînement doit parcourir le plus vite possible. Il a été mis au point en 1915 par un certain George Hébert.
Au fond, le commentateur n'est à l'affût que du faux pas, des pinceaux qui s’emmêlent ou qui se prennent dans le tapis, du cafouillage, bref, du canard, du couac tonitruant qui, parfois venu du recoin le plus sombre et le plus discret de la fosse d'orchestre, va résonner interminablement sous le plafond de la salle, des fauteuils d’orchestre au poulailler, d’une loge à l’autre, s'amplifiant à chaque rebond pour finir par s'éteindre, remplacé si ça se trouve par un autre, par s'éteindre partout, sauf dans la mémoire du pauvre auteur de la fausse note où son écho roulera jusqu'à son dernier souffle. Expression assez rarement utilisée. Il s’agit, dans le langage sportif, de rester le plus près possible du bord intérieur de la piste, sans doute pour parcourir la plus faible distance possible. Quand quelque chose ne tient pas la corde, c’est que ne c’est vraiment pas la peine de s’y attarder. L’épithète ne saurait être associé qu’à un échec. Quel que soit le projet, s’il tombe à l’eau, l’échec est toujours « cuisant.» C’est-à-dire qu'il fait mal, qu'il provoque une douleur intense, une humiliation, une honte, qu’il vexe, qu’il fait rougir… |
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Quand le président va causer dans le poste, les journalistes nous préviennent pour qu'on soye prêts à l'écouter juste après qu'ils aient joué la Marseillaise. Ils nous préviennent aussi que quand il aura fini de causer, le président, y a un tas de gens qui vont venir pour «décrypter» tout ca qu'il aura dit, le président. «Décrypter», c'est comme ça qu'ils disent. Ça veut dire qu'ils vont nous expliquer quoi ça veut dire, tout ça qu'il aura dit, le président, vu qu'il est très intelligent, qu'il est allé dans les écoles, et tout ça, et que forcément, nous, on comprend pas tout qu'est-ce qu’il dit, et il faut qu'on nous explique avec des phrases qu'ont pas trop de mots, et des mots qu'ont pas trop de syllabes. Voir Flambée. Voir Enfers (descente aux ...). Un journaliste digne de ce nom ne saurait se contenter de raconter, narrer, rapporter, rendre compte, ces termes-là sont bien trop neutres. Il doit répandre et faire courir le bruit ailleurs que dans les couloirs. N'étant pas soumis au secret de la confidence, son devoir est, tout au contraire, de révéler, rendre public, divulguer, tout en se gardant bien de citer ses sources, et surtout – à plus forte raison s’il veut donner à penser que celles-ci sourdent du fond de quelque insondable puits où la vérité se tapirait, affublée d'oripeaux mensongers – dévoiler. Si le verbe «galérer» ne date que des années soixante-dix, le concept est immémorial. Pour moi, il est indissociable de cette scène de Ben Hur où l'on voit un galérien s'amputer de son pied en se servant de l'anneau de fer qui lui entoure la cheville comme d'un instrument chirurgical de fortune. Pour le commentateur — à part le bon qu'il importe de séparer de l'ivraie — il n'est de grain que celui qui est à moudre, c'est à dire qui apporte de quoi alimenter la causette ou le papotage, la conversation ou le bavardage, le débat ou la polémique, étant entendu que tout ce qui peut apporter de l’eau au moulin de chacun est bienvenu. Les Évangiles nous enseignent que Jésus, pendant les deux jours où il est resté dans son tombeau avant de ressusciter d'entre les morts après avoir souffert sous Ponce Pilate et été crucifié, serait descendu aux Enfers. Auparavant, il serait resté quarante jours et quarante nuits dans le désert sans boire ni manger, en proie aux pires tentations.
Flambée (de colère, de haine, de violence, des prix …) On est loin de l'atmosphère paisible et plutôt cosy qu'évoque l'idée d'une « bonne flambée.» Là, il est plutôt question de quelque chose d'intempestif, de brutal, d'une «montée» aussi violente qu'inattendue. D’après le site Expressio.fr, cette expression « vient du milieu militaire où, à l'origine, elle voulait dire «horizontalement» en parlant d'un tir direct visant un objectif visible.» |
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Lait (sur le feu)Du temps que je passais mes vacances dans le village du Doubs où habitaient mes grands-parents, on m’envoyait tous les soirs au lait. La laiterie était tenue par un nommé Pirat et sa femme. Mon bidon à lait bringuebalant au bout du bras, je descendais la rue mal empierrée en sautant à cloche-pied par-dessus les bouses de vache. Il y en avait pas mal de fraîches, vu que les vaches, descendues des pâtures une heure ou deux plus tôt, avaient regagné leur étable, tout en bas du village. Je les avais regardées passer devant la maison, assis sur une grosse pierre parallélépipédique que je m’étais quasiment appropriée, suivies par la vachère dont j’essayais de ne pas regarder les jambes étrangement nues et dont le martèlement des galoches sur les pierres du chemin se mêlait au bruit des coups de triques qu’elle assénait sur les croupes craquelées de bouse séchée de ses bêtes. C’était elle également qui, les bêtes traites, remontait jusqu’à la laiterie, les deux bras comme écartelés par les deux lourds bidons débordant d’un lait jaunâtre et moussu dont elle emplissait une grande bassine dans laquelle madame Pirat puisait à l’aide d’une mesure d’étain pour emplir les bidons de ses clients. Il régnait dans cette sombre boutique aux murs gris une aigre odeur de lait fermenté qui vous prenait à la gorge. ![]() Les origines de l'expression sont d'autant plus confuses et incertaines qu'elle semble trés ancienne. Certains la font même remonter à la Rome antique. Allez donc voir sur Internet si vous voulez en savoir davantage. Toujours est-il qu'elle dit bien ce qu'elle veut dire. Et comme, c'est bien connu, un dessin vaut mieux qu'un long discours, le dessinateur Kak me pardonnera de reproduire celui qu’il a publié dans L’Opinion du 31 décembre 2024 : ![]()
Quand les syndicats envisagent de «bloquer le pays*,» ils en font avec art «planer (ou peser) la menace.» Ils n’en menacent jamais directement le peuple en ces termes, non, ils restent dans l'éventuel, le possible, l'hypothétique, l’encore virtuel état insurrectionnel qui se trouve là, au-dessus de nos têtes, comme un ciel lourd de nuages prêts à nous tomber sur le râble à nous autres, pauvres gaulois qui n'avons jamais eu peur que d'une seule chose en ce monde. * Bien que ce ne soit évidemment jamais eux mais l'obstination, voire la mauvaise volonté et même la malveillance des patrons et du gouvernement, qui en sont la cause. Ce mot est assez nouveau dans son acception figurée, laquelle désigne un empilement quasi-labyrinthique de dispositifs, de mesures administratives, de découpages territoriaux, de décisions, de lois et de règlements qui se sont accumulées en couches plus ou moins sédimentaires au fil du temps et dans lequel un chat ne retrouverait pas ses petits. Quelque chose d'assez proche de la pyramide inversée de Peter posée cul par-dessus tête en équilibre précaire sur sa pointe et sur laquelle «plane la menace» de l'écroulement à mesure que sa base, au-dessus d'elle, n'en finit pas de s'élargir. L'expression vient du milieu de la course automobile. Il est en effet bien connu qu'un pilote digne de ce nom n'a de cesse que d'envoyer son bolide «droit dans le mur,» autant que possible avec un bandeau sur les yeux, pareil aux hommes politiques qui, alors même qu'ils y vont, qu'ils y courent, qu'il y volent, s'obstinent, s'acharnent, en rajoutent, même, sachant très bien qu'au fond, le crash est plutôt rare.
![]() Bien sûr, il s’agit le plus souvent d’une sorte d’anodine et inoffensive ponctuation de la phrase, d’un tic de langage, comme ceux que certains profs cultivent pour retenir l’attention de leurs élèves qui en guettent et en comptent soigneusement les apparitions. Voyons… Elle m’agace celle-là, avec son «ou pas». Je pourrais la prendre au pied de la lettre et me contenter de répondre simplement par oui ou par non. Je me demande quelle tête elle ferait… Si ça se trouve, elle me renverrait dans mes buts avec une remarque à la Cyrano, du genre « Ah non ! c’est un peu court, jeune homme ». C’est le genre de situation où un oui ou un non franc et massif – même assorti d’une brève explication de vote – ne suffit pas. D’un autre côté, si je me lance dans des explications à n’en plus finir après les avoir introduites par un truc aussi agaçant qu’un « Hum… C’est plus compliqué que ça », j’aurai l’air de tergiverser, de chercher moyen de moyenner, elle m’accuserait de noyer le poisson, de faire une réponse de normand, bref, de parler la langue de bois… Du coup, il ne dit rien, le temps passe, l’intervieweuse a l’œil fixé sur l’horloge de son ordinateur, c’est tout juste si un petit gong ne va pas retentir, comme dans le Jeu des Mille Euros… Il n’avait droit qu’à une réponse ! Il ouvre la bouche… Trop tard…
Ne désignant à l'origine (les années soixante dix) que les obstacles invisibles qui empêchent les femmes d'accéder aux postes de responsabilité dans les entreprises, les administrations et ailleurs, l'expression est aujourd’hui utilisée à des fins plus élargies, par exemple pour parler de ce qui peut interdire à Marine Le Pen d'arriver au pouvoir, bien qu'elle ne reconnaisse pas l'existence de ce plafond et se refuse sans doute la moindre ressemblance avec l’abeille contre la vitre de Gilbert Cesbron. Plâtre (les pieds dans le ...) Expression entendue une seule fois sur France Inter : «Emmanuel Macron a-t-il mis les pieds dans le plâtre ?» (Fabienne Sintès, le 17 avril 2023). L’expression est sans doute menacée d'extinction. Les nouvelles d'aujourd'hui se répandent surtout par les voies enchevêtrées des réseaux sociaux, où le fin du fin est qu’elles deviennent rapidement «virales». La destruction de la réserve de poudre noire est souvent un point d’orgue des films de pirates et des westerns. La technique utilisée par le saboteur pour retarder l’explosion et s’en sortir vivant est simple : il prend un petit tonneau de poudre, en retire le bouchon et fait couler doucement la poudre par l’orifice tout en se déplaçant de façon à former une traînée épaisse. Quand la traînée partant de l’empilement de tonneaux à détruire semble assez longue, il y met le feu. Dans les films, la poudre brûle alors à la vitesse d’une dizaine de centimètres à la seconde, laissant le temps au saboteur de s’enfuir. En réalité, il n’aurait que très peu de chance de survivre, car la poudre noire brûle extrêmement vite. Une traînée de poudre d’une dizaine de mètres se consume ainsi en deux ou trois secondes seulement. S’il ne peut étaler la poudre sur une centaine de mètres au moins, le saboteur n’aura pas le temps de s’éloigner suffisamment pour échapper à l’explosion du dépôt. Par l'équipe Ça m'intéresse * Il faut dire que les recherches sont parasitées par Patricia Carrewell, auteuse, entre autres, d’un bouquin intitulé en français Traînée de poudre («Dust» en anglais, c'est à dire «poudre» mais aussi poussière»). Notons aussi que parmi les films qui portent également ce titre, il y en a (au moins un) dont l'action se passe dans le milieu des narcotrafiquants. On voit tout de suite le clin d'œil. C’est peut-être pour faire planer le public ou le «mettre en l’air» que certaines nouvelles se répandent comme des traînées de poudre, ou parce qu’il y a un pétard au bout de la traînée… |
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Toute annonce faite par un dirigeant politique, quelles que soient les précautions oratoires dont il puisse enrober ses propos pour ne pas trop en dire tout en se montrant suffisamment constructif, est immédiatement traduite par les commentateurs en « promesse ». Dans le temps, on disait plutôt « passer entre les gouttes,» ou « entre les mailles du filet.» Pas du filet pour jouer au tennis, évidemment, mais le filet de pêche. La différence, c'est que quand un poisson passe entre les mailles du filet, c'est parce qu'il (le poisson) est trop petit – ou très malin. En tout cas, c’est pas la faute du filet. Le filet n'est pas en cause, et on ne saurait reprocher grand-chose à celui qui l'a fabriqué ou ravaudé, ou à celui qui l'a lancé. |
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Se dit généralement quand un supérieur (par exemple un Chef de Gouvernement) rappelle à l’ordre un de ses subordonnés (par exemple un Ministre) qui est sorti du cadre fixé, s’est égaré hors de la ligne du parti pour ainsi dire, le remet sur les rails, le rappelle à ses devoirs, remet les pendules à l’heure, C’est aussi vexant pour le subordonné que pour son supérieur, à qui les médias ont vite fait de reprocher de manquer d’autorité, de se laisser déborder, exactement comme un professeur qui ne sait pas « tenir » ses élèves. L’homme politique est, par définition comme par nature, menteur et dissimulateur. C’est pourquoi, quand il s’exprime, il ne dit jamais simplement les choses. Il les révèle, il les dévoile*, il les reconnaît, ce qui est une façon à peine déguisée de dire qu’il les avoue. Ainsi, toute déclaration d’une personnalité politique, coupable par nature, ne peut-être qu’un aveu, voire une confession.
Récréation (siffler la fin de la ...)
On reproche souvent aux dirigeants et aux dirigeantes politiques d'infantiliser les gens. Mais ce sont les commentateurs qui se servent de cette expression terriblement scolaire.
Voir Rétropédalage
Une façon plus modeste et moins lyrique de dire «du passé faisons table rase.» Le mot « rétropédalage » est souvent utilisé de préférence à « reculade » car il présente l’immense avantage d’être emprunté à un tout autre domaine que celui de la vie politique. Le terme est employé d'une manière plutôt péjorative, voir infâmante, pour désigner la pire extrémité à laquelle puisse en être réduit un homme (ou une femme) politique: se replier, battre honteusement en retraite, renoncer à une mesure ou à une décision, ou revenir dessus, faire davantage de concessions et céder sur plus de points qu'il (ou elle) ne l'eût souhaité dans une tractation ou une négociation syndicale... etc. * À condition d'avoir un vélo à pignon fixe. Rétropédaler avec une roue libre revient à pédaler dans le vide, et c'est peut-être encore pire! Il s’agit de se débarrasser de quelques chose en le « balayant du revers de la main, » du même geste dont on balaye des miettes sur la table, une chiure de mouche sur une vitre, une bestiole sur sa manche, ce qui réduit l’objet du coup de balai à un petit truc de rien du tout, une quantité négligeable indigne d’attention qu’on pourrait évacuer d’une simple pichenette si le geste de balayer du revers de la main ne se suffisait pas à lui-même, en se contentant de mimer la chose, sans que rien ne soit en réalité présent, que ce soit une personne, une idée...
S’il est un endroit particulièrement fréquenté, c'est bien celui-là. Pourtant, quels sont les politiques qui n'ont pas pour ambition de «ne laisser personne sur le bord de la route,» oublié, abandonné, délaissé? |
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L'expression n'est pas vraiment – ou pas encore – un cliché. À ce jour, je ne l'ai entendue qu'une seule fois, dans la bouche de Nathalie Saint-Crick qui, le 26 décembre 2021,sur France Inter, questionnait Jérôme Jaffré et Vincent Martigny à propos de Marine Le Pen pendant la campagne pour les élections présidentielles: Il faut «tout remettre dans le shaker» (généralement après avoir «renversé la table»). Ça dit assez bien ce que ça veut dire.
Est-ce parce qu’on ne croit plus guère aux fantômes? Toujours est-il que le mot spectre, qu’il plane ou qu’on le brandisse, a tendance à plus souvent désigner une menace qu’un revenant, et ceci depuis un bon moment, au point que certains dictionnaires, s’ils le mentionnent toujours en seconde position (sans parler de ses multiples sens scientifiques, physiques ou médicaux), ne le font même plus au sens figuré mais dans une acception plutôt littéraire qui, comme s’il avait acquis ses titres de noblesse est en passe de quasiment devenir son sens propre. Bien qu’on n’en finira pas de compter les différentes sortes de spectres qui n’ont de cesse de mettre péril en la demeure, tous plus horrifiques les uns que les autres, en particulier, presque aussi hideux que celui de la guerre, celui de la dégratation de la note de la France, une ancienne édition du dictionnaire d’Émile Littré mentionne curieusement une citation mentionnant un énigmatique «spectre de la paix.» Une sorte de traduction dans le jargon médiatiques du fameux «Circulez, y a rien à voir,» ou même du «J’veux pas l’savoir.» C’est peut-être parce qu’on ne croit plus guère aux flammes de l’enfer (sauf quand il s'agit d'y effectuer une descente), à Satan, à ses pompes et à ses œuvres, que le mot est aujourd’hui si galvaudé.
Je ne connais rien au football. J’ai donc dû me renseigner (secrètement) pour apprendre qu’un tacle est une habile manœuvre qui consiste à faire pour ainsi dire gicler le ballon d’entre les jambes mêmes du joueur qui le détient en le heurtant du pied (pas le joueur, mais le ballon) au terme d’une sorte de glissade de la jambe projetée en avant qui fait que le tacleur ne s’en empare pas – le but est seulement d’en déposséder l’adversaire – mais se retrouve généralement à plat-dos sur la pelouse, et ceci qu’il ait ou non réussi son coup. (On peut aussi faire des tacles au rugby, mais je ne suis pas allé y voir de plus près). Il y a bien sûr la célèbre formule «c’est pas ma tasse de thé,» directement héritée de l’anglais, selon Stéphane Berne qui nous apprend également qu’à l’origine, elle n’était pas utilisée à la forme négative («It’s my cup of tea»). «C’est très simple. J’étais assis devant ma machine à écrire, j’ai commencé à écrire, et tous les mots que j’écrivais, je les avais déjà utilisés, dans un autre ordre parfois. J’avais l’impression d’une tasse à café cassée dont je recollais les morceaux éternellement. Et ce jour-là, j’ai dit j’arrête.» Et Florence Aubenas d’ajouter : « Donc voilà, le jour où je casse ma café, j’arrête. » L'usage de ce mot dans un sens aussi médiatique que figuré est relativement récente. Utilisé aussi bien par les personnalités politiques que par les journalistes et les spécialistes de tout poil, il signifie, en gros : quelque chose à quoi il ne saurait être question de toucher.
Voir Flambée.
Je ne sais pas si, dans leurs beaux habits verts, les académiciens et les académiciennes ont souvent l'occasion de guincher, mais d'après leur dictionnaire, une valse-hésitation est «une danse au cours de laquelle les partenaires marquent un temps d’arrêt», et j’imagine qu'ils savent de quoi ils parlent. Expression quasiment synonyme de la levée de bouclier (voir cet article), La véritable expression maritime est en réalité « vent de bout, » où l’on doit prononcer le t du mot bout, lequel désigne la proue du navire. Naviguer vent de bout, au contraire d’avoir le vent en poupe, c’est naviguer vent debout, c’est-à-dire, dans le pire des cas, ne pas avancer du tout. Que ceux qui sont toujours contre tout se le tiennent pour dit. La boule au ventre*, c’est comme le parcours du combattant, on utilise l’expression à tort et à travers. De nos jours, on a la boule au ventre pour un rien, pour un oui ou pour un non, et le moindre pet de travers nous remonte dans l’estomac pour le gonfler comme une baudruche, quelle que soit l’importance de l’enjeu. C’est comme ça. Traitement à suivre en cas de boule au ventre temporaire ou chronique Prenez la saine habitude de passer trois fois par semaine une trentaine de minutes à contempler la végétation d’un parc urbain** (les gens qui habitent à la campagne peuvent bien sûr aller dans le petit bois derrière chez eux, mais là, l’effet n’est pas garanti, en particulier sur la baisse du taux de cette hormone stéroïde sécrétée par la zone fasciculée du cortex de la glande surrénale à partir du cholestérol sous la dépendance de l’ACTH hypophysaircortisol bien connue sous le nom de cortisol). Au cours de chacune de ces simples promenades, pratiquez au moins trois fois de suite l’exercice respiratoire décrit ci-dessous. Ce traitement – surtout s’il n’aboutit pas – ne vous interdit nullement de vous livrer à des pratiques telles que la relaxation (en particulier la relaxation musculaire progressive), la cohérence cardiaque, la sophrologie, la psychologie positive, la méditation (transcendantale ou non), l’acupuncture, la mésothérapie, la musicothérapie, l’art-thérapie, la luminothérapie, la chromothérapie, l’hypnose, l’autohypnose, la déclamation de mantras, la réalité virtuelle, le biofeedback, le neurofeedback, la posturologie, bref, toutes les médecines, qu’elles soient douces ou dures, parallèles ou perpendiculaires, sans oublier l’aromathérapie et la phytothérapie (privilégier les huiles de lavande, de citron ou de marjolaine à coquille, soit en usant d’un diffuseur de parfum, soit en vous les appliquant sur les points de pulsation de votre corps, soit en vous faisant masser le plexus pendant au moins deux minutes par des cercles effectués dans le sens inverse des aiguilles d’une montre*** par le bout des doigts de votre conjoint ou de toute autre personne qui en pourra supporter les arômes sans déclarer forfait au bout de trois ou quatre séances). * La boule au ventre est souvent confondue avec le « nœud à l’estomac. » La place nous manque ici pour développer les nuances souvent subtiles et peu accessibles au profane qui différencient les deux affections. Toutefois, la plupart des recommandations et des prescriptions qui précèdent étant absolument dépourvues de toute efficacité, ça ne mange pas de pain de les suivre dans un cas comme dans l’autre. Les gens qui utilisent cette expression semblent tout à fait sûrs d’eux. Je comprends bien que c’est une problématique du genre optimisme/optimisme, mais pour ma part, j’avoue ne jamais bien savoir si les gens qui voient le verre à moitié plein sont les optimistes ou les pessimistes. Selon Wikipédia, «la circumduction est un mouvement articulaire complexe. Au cours de ce mouvement, l'extrémité distale de la partie du corps mobilisée décrit un cercle. Ce n'est pas un mouvement isolé, mais plutôt une séquence continue de mouvements de flexion, d'abduction, d'extension, d'adduction, de rotation externe.» *https://fred37.over-blog.com/tortures-supplices-et-autres.du-moyen-age-a-nos-jours.html |
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Quand j'étais petit, du temps que les parents n'y allaient pas encore pas quatre chemins, on me menaçait somme toute assez souvent de m'administrer d’horribles choses appelées râclées, piles, rossées, brossées, roustes, peignées, dérouillées, déculottées, dégelées, tourlousines, trempes, avoinées, volées, et j'en oublie sans doute. * Bien que dans les petites filles modèles, une forte verge se brise entre les mains de Mme Fichini alors qu’elle fouette Sophie à coups redoublés. |
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